© Afp(Jean-Philippe Ksiazek)

Article demandé par Jean Yves de Potion de vie : Comment communiquer avec un patient atteint de grave maladie ? Et comme c’est un spécialiste de la mémoire qui me le demande , je vais raconter mon expérience avec les patients Alzheimer.

J’ai choisi de raconter ces expériences car Jean Yves me l’a demandé et parce que c’est avec ces patients que j’ai le plus d’expériences et le plus d’histoires à raconter.
Je ne donne ici aucune technique pour communiquer avec ces patients, parce que justement ce ne sont pas les outils que je mets en place dans une relation qui sont important mais bien l’intention, l’énergie et l’état d’esprit que je veux communiquer.

 

La maladie d’Alzheimer : c’est quoi ?

C’est plus un témoignage qu’une palette d’outils que je vous offre.
Quand vous apprenez le métier de soignant (aide-soignant, infirmier) , les formateurs ont une matière qu’ils adorent vous enseigner mais dont j’ai vu peu de maîtrise et de pédagogie : les soins relationnels.
Ca veut tout et rien dire : je n’ai trouvé aucun soignant qui a réussi à m’expliquer clairement ce concept. Ni même un formateur, mais là c’est plus inquiétant.

Pour rappel, la maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui affecte les neurones, en particulier les cellules de Schwann. Les conséquences sont une dégradation de la mémoire antégrade et postgrade. La mémoire se détériore au cours du temps, il n’existe aucun remède à ce jour pour en guérir. Dans les cas sévère,on dit qu’une personne atteinte de cette maladie ne se souvient que de sa vie jusqu’à 25 ans.
Il y a des conséquences sur la communication du patient : démence, aphasie, apraxie (difficulté à exécuter des mouvements), troubles de la déglutition et agressivité.

 

Mon expérience

 

Le développement personnel m’a appris à savoir communiquer et me communiquer. Et donc quand je rencontre pour la première fois un patient, je ne le considère pas comme un patient. Je la considère comme une personne normale que j’aurai rencontré dans la rue.

Quoi mais attends t’es à l’hôpital ? Comment tu peux oublier le contexte ?

Justement je tiens compte du contexte. Quand une personne est à l’hôpital, c’est qu’elle ne va pas bien. Elle souffre soit physiologiquement soit psychologiquement ou les 2 à la fois.
Vous croyez vraiment que lui rappeler qu’elle est à l’hôpital, lieu où se côtoie la maladie, la mort et la vie tous les jours, va automatiquement la rassurer. Vous pouvez essayer mais personnellement, je ne fonctionne pas comme ça.

Je suis conscient que pour bien communiquer avec la personne, je dois me mettre dans un état ressource qui favorise la communication (ancrage) . Et quels états ressources favorisent la communication ? L’ouverture, être cool, la joie et la sérénité. C’est ce qui fonctionne le mieux pour moi.

Les premières choses dont je vais parler avec un patient, ce n’est certainement pas l’hospitalisation. Je reviens souvent à des choses simples : le temps, vous avez regardé le match ou le dernier épisode du Mentalist.

Après je peux aller plus loin ou non, c’est fonction de ma calibration (terme venant de la PNL qui signifie grossièrement analyser et jauger la situation).

Et après on entre dans le domaine du soin technique.

 

Conclusion

 

Communiquer avec une personne atteinte de maladie grave signifie communiquer avec une personne. Point. J’ai vu un trop grand nombre des patients être traités comme de la viande, et malheureusement je l’ai fait. Quand j’ai commencé à travailler dans ce milieu, je ne m’en suis pas aperçu.

Mais quand je rentrais chez moi, je me posais des questions. Et j’ai douté.

Je suis un penseur, j’observe les choses et je repère les incohérences. Et pour moi passionné des relations humaines, je n’ai pas forcément vu de la communication.

Mon message : communiquer à l’autre la même énergie et la même intention que vous aimeriez recevoir de sa part.

Facile à dire, difficile à appliquer tous les jours. Mais si vous lisez ces lignes, c’est que vous en êtes déjà conscients.